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Baloji se confie en interview pour Adobuzz
Baloji est un artiste belge francophone d’origine congolaise. Il est né à Lubumbashi au Congo en 1978.
Baloji est un ancien rappeur du groupe Starflam, dont le deuxième album intitulé Survivant (2001) a été disque de platine en Belgique. Adobuzz est allé à sa rencontre à l’occasion de la sortie d’Hôtel Impala son premier album solo (dans les bacs le 27 janvier prochain).
Adobuzz : Pourquoi avoir quitté le groupe Starflam qui marchait si bien ?
Baloji : La démocratie dans la musique, c’est difficile. Nous étions cinq rappeurs, pas de manager. J’ai managé le groupe pendant un temps. C’était une erreur.
C’est vrai que Starflam fonctionnait bien, mais au fur et à mesure des albums que nous sortions, mon inspiration s’essoufflait. Le groupe continue ; mais sans moi.
Adobuzz : Comment décrirais-tu ton style musical ?
Baloji : Je dirais que je fais du rap débridé, qui va de la soca musique à la musique française et congolaise. Mon but n’est pas de faire une démonstration, ni un florilège de style musicaux différents.
Chaque morceau correspond à une période de ma vie, il était normal de l’illustrer par des rythmes différents.
Adobuzz : Ce sont donc des moments précis de ta vie qui t’ont inspiré pour cet album ?
Baloji : Absolument. J’ai quitté le groupe Starflam en 2003 et je n’avais plus vraiment envie de composer. Mais un jour ma mère, qui est au Congo, m’a téléphoné parce qu’elle m’avait vu à la télévision. Ca a été un choc pour moi, je n’avais pas été en contact avec elle depuis que j’ai quitté le Congo, quand j’étais tout gamin.
Elle m’a demandé ce que j’avais fait durant toutes ces années. Je suis resté bouche bée, je ne savais pas quoi répondre. Alors l’inspiration m’est revenue. En quelque sorte j’ai composé cet album pour répondre ma mère. C’est pourquoi chaque morceau est unique.
Dans Hôtel Impala je parle aussi bien des conflits en Afrique que du retour au pays. Le sort des sans papiers, le fait que la religion ne justifie pas les guerres, mais aussi la difficulté de ne pas savoir qui on est vraiment dans un pays qui nous accueille, tout ça, se sont des sujets qui me touchent.
Adobuzz : Quel est ton morceau préféré sur cet album ?
Baloji : C’est sans hésiter Naquenda, une reprise de Marvin Gaye. Les paroles sont fabuleuses "Im going home to be with my mother " (je rentre chez moi pour rejoindre ma mère), comme si elles avaient été écrites pour moi.

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