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Beat Assailant se confie en interview pour Adobuzz

posté le 16 février 2008

A l'occasion de la sortie de son  nouvel album (Imperial Pressure), Beat Assailant s'est confié en interview pour Adobuzz.

Membre éminent d'un rap certifié conscient et réaliste dans les thèmes comme dans l'approche, Beat Assailant est un artiste au sens propre du terme.

Créativité, flow, originalité, lui et son groupe explorent les carcans qui s'éloignent au premier abord du rap. Fort du succès de son premier opus nommé Hard Twelve, BA s'est livré au jeu des questions dans un cadre bucolique d'un café parisien.

Jamais avare de mots cet américain qui parlent un excellent français a répondu avec franchise et honnetêté. Entretien avec quelqu'un dont on a pas fini d'entendre parler.

Adobuzz : Le public français a adopté ton premier album, Hard Twelve, après t’avoir découvert sur une compil’ Nova, en 2005. Plutôt surpris ou tu t’attendais à l’adhésion ?
Beat Assailant : Un peu les deux. J’ai fait cet album en France. À l’époque, je vivais entre Paris et les USA. Hard Twelve a été conçu avec la « french touch », le groupe de musiciens qui m’accompagne est français. Je comprends qu’il ait plu.

Adobuzz : D'où vient le pseudo Beat Assailant?
Beat Assailant : Je suis dans le hip-hop depuis que j’ai 13 ou 14 ans, quand j’étais à Atlanta (dont l’artiste est originaire). J’ai découvert cette musique à la radio, mais très vite j’ai intégré ce monde lors des soirées « clash » (des défis d’improvisation entre rappeurs) et les soirées « block-parties » (des fêtes improvisées au coin de la rue, c’est ainsi que le mouvement hip-hop s’est lancé à New-York).
Masaya, des Zulu Nation, m’a pris sous son aile, et j’ai appris avec eux, en tant qu’apprenti en quelque sorte. A l’université, j’ai continué à faire du son, j’ai fait partie d’un groupe avec lequel on a sorti quelques mixtapes, et notamment avec Danger Mouse (devenu un producteur de renom) avec qui j’étais en cours.
C’est quand j’ai terminé mon école que je suis venu en France, il y a cinq ans, et que j’ai rencontré Maxime Lebidois, qui est devenu mon producteur. Nous avons travaillé sur un ou deux projets, puis sur une vraie maquette d’album, qui est devenu Hard Twelve, sorti en 2006.

Adobuzz : Ce surnom peut paraitre paradoxal sachant la façon dont tu interprète tes chansons?
Beat Assailant : Il ne faut pas automatique le terme "assailant" à la violence. J'écris mes textes en fonction d'un instrumental que je vais écouter. L'instrumental dirige en quelque sorte ma façon d'écrire et de là vient la façon dont je vais rapper (prononcez wapé) sur la musique. J'assailis le beat en fonction du thème qu'il m'inspire.

Adobuzz : Tu es venu la première fois en France sans avoir le projet de rester. Qu’est-ce qui t’a décidé à rester ici ?
Beat Assailant : Cinq ans à Paris ! Quand je suis arrivé, le hip-hop existait ici et il y avait tout un monde qui tournait, je me sentais très à l’aise ici à Paris. J’étais aussi fasciné par la mode en France, le côté très cosmopolitain aussi. Paris est vraiment une ville urbaine : chez moi à Atlanta, c’est une grande ville mais très aérée, avec beaucoup d’espace : tu vis en ville mais dans des petites maisons, tu ne vois pas tes voisins, tu dois prendre la voiture pour tout.
Ici, à Paris, c’est la rue, les immeubles, des magasins en bas de chez toi, tu croises plein de gens : c’est un autre monde, et j’avais juste envie d’explorer. Et je suis resté.

Adobuzz : Tu ne corresponds pas tellement à l’image qu’on a des rappeurs américains, un peu « gangsta », un peu « bling bling »…
Beat Assailant : Je suis d’abord un artiste et un musicien. Je raconte dans mes morceaux mes petites histoires, ce qui m’arrive au jour le jour. Je pense que les gens accrochent plus à mes chansons comme ça, qu’ils peuvent plus se les approprier. Aux USA, je fais partie du milieu underground, je ne suis pas un succès commercial, même si le single « Hard Twelve » a bien marché. 

Propos recueilis par

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